Journal d’une Impatiente – 5 -

1er septembre

       

       Les mots sont vains. Le cancer ne se raconte pas, il s’éprouve. Quelquefois, en de très rares occasions, il se partage.

*

        Entre nécessité et doute, le coeur. Qui bat. Et ce rythme familier est déjà, à lui seul, une victoire.

Journal d’une Impatiente, O.d’Harnois

LOOKS: The Dancers

Vacation Time: The Beach Umbrellas

Vacation Time: The Show

Journal d’une Impatiente – 4 -

28 août

        Le temps de la narration n’est pas le temps de la vie : ce ne peut être qu’un temps réarrangé. L’écriture polit l’émotion brute.

Journal d’une Impatiente, O.d’Harnois

 

Vacation Time: The Horizon

Journal d’une Impatiente – 3 -

27 août

            Derrière ses lunettes rondes, mon oncologue a les yeux qui pétillent. Sous ses faux airs de Woody Allen se cache une passion pour l’humain. Il écoute les malades et collectionne les anecdotes. Lors de notre première entrevue, il me raconte l’histoire de cette jeune patiente qu’il a suivie autrefois. Dès que le cancer avait été diagnostiqué, elle avait changé de vie. En quelques jours, elle avait quitté Paris pour s’installer à Biarritz, laissant derrière elle tout ce qui avait constitué sa vie antérieure : sa maison, son travail, son mari.

Journal d’une Impatiente, O.d’Harnois

Journal d’une Impatiente – 2 -

26 août

 

       Mon corps est l’ancre sensible qui m’inscrit dans l’espace et le temps.

Journal d’une Impatiente, O. d’Harnois

Je suis de retour

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*

Chers Amis,

comme vous le savez, j’ai passé l’année qui vient de s’écouler à soigner un cancer. Aujourd’hui, les traitements d’attaque sont terminés. Je vais bien. Peu à peu, je reprends mes activités. J’avance. Pour autant, je n’en ai pas tout à fait terminé avec le cancer. L’épreuve a été si marquante qu’elle a nourri en moi au fil du temps un désir de témoigner. C’est pourquoi je me lance à présent dans l’écriture du Journal d’une Impatiente. L’expérience est difficile pour moi. Je suis en effet d’un naturel réservé. Mon but n’est donc pas d’entrer dans un récit détaillé de mon existence, mais de partager avec vous les moments forts, les rencontres extraordinaires, les joies inattendues ou les désarrois profonds que le cancer est capable de déclencher. Durant ces derniers mois, j’avais perdu le goût d’écrire. Maintenant que les mots me reviennent, je souhaite que mon témoignage se tourne vers l’avenir et que le Journal d’une Impatiente se focalise non pas sur le temps de la maladie, mais sur celui de la renaissance. Parce que le cancer, c’est aussi ce violent ferment de changement qui s’apparente à la vie.

Ma joie de vous retrouver est profonde.

Amicalement,

Odile

Journal d’une Impatiente – 1 -

25 août

       Je ne l’ai rencontrée qu’une fois. Au centre de radiothérapie. J’attendais dans un salon vitré qu’une infirmière vienne me chercher pour ma séance quotidienne. Elle s’est assise en face de moi. Sa nervosité était palpable. Elle a voulu savoir pour la machine. Si c’était long, si c’était douloureux. Et puis, sans attendre, elle est allée à l’essentiel. La taille de sa tumeur, grosse comme un pamplemousse, l’ablation du poumon, les traitements et sa peur, dévorante. Mais soudain, son regard s’est éclairé. Elle m’a parlé du miracle. Durant la chimiothérapie, ses cheveux, ses longs cheveux d’un beau noir de jais, ses cheveux auxquels elle tenait comme à la prunelle de ses yeux, ses beaux cheveux n’étaient pas tombés. Comme on m’invitait à passer au vestiaire, elle m’a soufflé très vite avec comme une fierté dans la voix : « Vous savez, les médecins n’ont pas compris ».

 Journal d’une Impatiente, O. d’Harnois

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